7h50 tout à l'heure.
Debout dans la cuisine de ma maison toute endormie, j'essaye d'émerger.
C'est laborieux, comme tous les matins. Quoique je suis pas si à la bourre, aujourd'hui. Vendetta, la chatte de la maison, a passé la nuit sur mon ventre, et s'est appliquée à me réveiller dès que mes réveils ont commencé à sonner. Résultat, j'ai mis moins d'une demi heure à me lever. Un exploit. (Tu devrais dormir plus souvent avec moi vendetta ! )
Pas question de prendre une douche, la chaudière nous a lachée hier (pourquoi est ce que ça n'arrive que l'hiver ce genre de pannes ???!!!), mais j'essaye quand même de me réchauffer en avalant une clémentine à la hâte.
Le décor est planté.
Je suis brusquement interrompue dans mes efforts par le retentissement de la sonnette.
Pas un petit coup de sonnette qui s'excuse de briser le silence matinal. Non, point du tout. Là, c'était plutôt genre "je m'excite dessus, quitte à la casser ! " ou "j'étais en train de sonner délicatement, quand une balle perdue m'a traversé de part et d'autre. Mon cadavre s'est affalé sur le bouton, d'où ce bruit insupportable en discontinu ..." (je suis, je suis ... le livreur de pizza dans le père noël est une ordure, of course !)
Je n'attends personne. Mes collocs dorment profondément. Facteur et témoins de Jéhovah mis à part, rares sont les gens qui daignent sonner et attendre qu'on leur ouvre avant de franchir le seuil de la maison. Et merde, putain ! Il est 7h50 ! On peut considérer ce genre de bordel comme du tapage nocturne pendant encore 10 minutes, non ?! Et quand bien même ce serait grave ou urgent, depuis quand s'acharne-t-on de la sorte sur la sonnette d'une maison endormie ??!!!
C'est donc un peu perplexe, agacée et inquiète que je vais ouvrir cette foutue porte pour tomber nez à nez avec une probable voisine. A peine ai-je le temps de la saluer qu'elle se met à hurler (en même temps, vu la délicatesse avec laquelle elle s'adressait à notre sonnette, il aurait été surprenant qu'elle soit cordiale ...).
Debout dans la cuisine de ma maison toute endormie, j'essaye d'émerger.
C'est laborieux, comme tous les matins. Quoique je suis pas si à la bourre, aujourd'hui. Vendetta, la chatte de la maison, a passé la nuit sur mon ventre, et s'est appliquée à me réveiller dès que mes réveils ont commencé à sonner. Résultat, j'ai mis moins d'une demi heure à me lever. Un exploit. (Tu devrais dormir plus souvent avec moi vendetta ! )
Pas question de prendre une douche, la chaudière nous a lachée hier (pourquoi est ce que ça n'arrive que l'hiver ce genre de pannes ???!!!), mais j'essaye quand même de me réchauffer en avalant une clémentine à la hâte.
Le décor est planté.
Je suis brusquement interrompue dans mes efforts par le retentissement de la sonnette.
Pas un petit coup de sonnette qui s'excuse de briser le silence matinal. Non, point du tout. Là, c'était plutôt genre "je m'excite dessus, quitte à la casser ! " ou "j'étais en train de sonner délicatement, quand une balle perdue m'a traversé de part et d'autre. Mon cadavre s'est affalé sur le bouton, d'où ce bruit insupportable en discontinu ..." (je suis, je suis ... le livreur de pizza dans le père noël est une ordure, of course !)
Je n'attends personne. Mes collocs dorment profondément. Facteur et témoins de Jéhovah mis à part, rares sont les gens qui daignent sonner et attendre qu'on leur ouvre avant de franchir le seuil de la maison. Et merde, putain ! Il est 7h50 ! On peut considérer ce genre de bordel comme du tapage nocturne pendant encore 10 minutes, non ?! Et quand bien même ce serait grave ou urgent, depuis quand s'acharne-t-on de la sorte sur la sonnette d'une maison endormie ??!!!
C'est donc un peu perplexe, agacée et inquiète que je vais ouvrir cette foutue porte pour tomber nez à nez avec une probable voisine. A peine ai-je le temps de la saluer qu'elle se met à hurler (en même temps, vu la délicatesse avec laquelle elle s'adressait à notre sonnette, il aurait été surprenant qu'elle soit cordiale ...).
Grosso modo, ça donnait ça : "Je doute bien que tout le monde dort chez vous, mais je m'en fiche complètement ! Vos camions dans le chemin ça peut vraiment plus durer ! Ils prennent toute la place ! C'est pas un parking, ici ! Je vais appeler la gendarmerie !"
Naïvement, je pensais qu'elle devait partir bosser, et que l'un de nos véhicules l'empêchait de sortir le sien de chez elle. Je lui demande donc duquel il s'agit pour réveiller le coloc correspondant. J'en profite aussi pour sortir et refermer la porte derrière moi afin que ceux qui n'ont pas été réveillés en sursaut puissent espérer finir leur nuit tranquille. Mais point du tout ! "Mais c'est tous vos camions qui nous gênent ! 1, 2, 3, 4 camions ! C'est pas un parking, ici ! Je vais appeler les gendarmes, les éboueurs peuvent pas avancer jusqu'au bout du chemin, et c'est pas la première fois que ça arrive ! Je me fiche de savoir s'ils vous appartiennent ou non, vous êtes une communauté, alors vous assumez pour les autres ! S'ils ont pas bougé d'ici le passage des éboueurs, j'appelle les gendarmes !" Sur ce, elle s'éloigne dans le chemin. Je m'apprête à lui souhaiter très calmement une "bonne journée madame", en lui décrochant mon plus beau sourire (c'est ma personnalité, d'avoir des difficultés à répondre par l'agressive aux personnes qui m'agressent, c'est mon travail d'avoir affaire à la colère des gens sans en être responsable, c'est mon petit plaisir d'être excessivement obséquieuse avec les cons désagréables), quand une fenêtre du premier s'est ouverte à la volée. J'ai aperçu Julien qui en émergeait, avec sa tête du matin et son T shirt trop court de la nuit. Il s'est mis à hurler, la voisine s'est donc époumonée de plus belle, le ton est monté (si toutefois c'était encore possible), et il a fini par descendre dans le chemin pour terminer la discussion.
Bon, c'est vrai que, à la base, on n’a pas assez de place dans notre allée pour que toute la maisonnée puisse s'y garer, sans compter les visiteurs. Il y a donc régulièrement des voitures qui se garent sur les côtés du chemin. Mais j'ai bien dit sur les côtés, hein ! Pas sur les trottoirs (il n'y en a pas) ! Tous ces véhicules sont déplacés régulièrement. Je ne vois pas trop ce que la gendarmerie vient faire la dedans, vu qu'on habite en ville, ni ce que la police pourrait verbaliser.
Bon, en ce moment, Fab est de passage à P. . Et comme c'est le cas à chaque fois, il gare son semi remorque aménagé dans notre allée, ce qui fait qu'on a encore moins de place pour se garer, et donc davantage de voitures dans le chemin. Bon, il a troqué depuis peu sa petite 205 qui lui sert aux petits déplacements pour une camionnette. C'est plus encombrant, certes.
Bon, Marge s'étant séparée de son homme, elle a quitté leur maison, pour squatter provisoirement la notre. Bon, c'est vrai, son seul véhicule est ... une camionnette. Plus le trafic de Florian (qui habite là pour de vrai, par contre), ça fait quatre, la voisine avait bien compté.
Bon, en ce moment, Fab est de passage à P. . Et comme c'est le cas à chaque fois, il gare son semi remorque aménagé dans notre allée, ce qui fait qu'on a encore moins de place pour se garer, et donc davantage de voitures dans le chemin. Bon, il a troqué depuis peu sa petite 205 qui lui sert aux petits déplacements pour une camionnette. C'est plus encombrant, certes.
Bon, Marge s'étant séparée de son homme, elle a quitté leur maison, pour squatter provisoirement la notre. Bon, c'est vrai, son seul véhicule est ... une camionnette. Plus le trafic de Florian (qui habite là pour de vrai, par contre), ça fait quatre, la voisine avait bien compté.
Allez ! Je veux bien entendre que ça puisse la gêner que les éboueurs ne puissent s’avancer jusqu’à chez elle. Il ne me semble pas que les véhicules prennent tant de place, mais après tout, on surveille jamais vraiment l’itinéraire du camion poubelle … Mais depuis que la coloc est installée dans le chemin, c’est la première fois que cette voisine se déplace pour se plaindre de quoi que ce soit. Visiblement, elle savait pourtant très bien à quels voisins appartenaient les véhicules qui la dérangent tant. S’il avait été question du joli camping-car d’un couple de retraités, je pense que la question aurait été réglée un peu différemment ...
Non mais sans déconner ! C’est pas une règle élémentaire de bon sens et de savoir vivre, que de, dans ce genre de situation, commencer par aller se présenter poliment, exposer les faits qui nous tracassent, pour ensuite envisager une solution adaptée (et le tout à une heure décente de la journée, bien évidemment !) ? Et si (et seulement si !), vos voisins vous reçoivent mal ou ne font strictement rien pour arranger les choses, il peut alors être envisagé de revêtir sa peau de con !
La fin de l’altercation matinale entre Julien et la voisine s’est terminé à peu près comme ça : « Y’en a marre de vos camions ! Ca fait des années que ça dure ! » « Mais madame ! Un peu de tolérance dans ce monde de droite, enfin ! »
Autant dire que le problème se situait, je pense, bien au-delà d’une simple histoire de ramassage des ordures. Et c’est bien ce qui me chagrine.
Autant dire que le problème se situait, je pense, bien au-delà d’une simple histoire de ramassage des ordures. Et c’est bien ce qui me chagrine.
Dans le fond, ce qui l’emmerde la voisine, c’est d’avoir des camions dans le paysage. Voire même d’avoir les propriétaires des camions dans le voisinage. Et qui plus est, quand leur mode de vie est un tant soit peu différent de ce qu’elle considère comme conventionnel.
On n’est pourtant pas ce qu’on pourrait appeler des marginaux. On a tous un contrat de travail ou une carte étudiant quelque part. On paye notre taxe d’habitation. Personne ne prend de drogues dures. On est intégrés dans le système, quoi !
Alors, c’est vrai. On a fait un certain nombre de fêtes beaucoup trop bruyantes qui nous ont valu la visite de la police. On a eu un coq pendant quelques mois qui chantait avant même le lever du soleil.
Cependant, quand pendant les fêtes de fin d'année, la voisine d’en face a eu une bagnole devant chez elle qui l’empêchaient de sortir, tous les gros bras de la maison se sont mobilisés pour soulever la bagnole en question, la déplacer et libérer sa sortie de garage. C’était pourtant pas notre voiture.
Quand on ramasse les coings qui pourrissent dans le jardin du voisin, avec sa permission, on lui refile systématiquement quelques pots de gelée maison.
On n’est pas des sauvages. Et les voisins qui ont pris la peine d’échanger un peu avec nous sans hurler en ont plein la bouche des jeunes du n°21 qui sont si sympas.

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