lundi 18 février 2008

J'en suis pour de bon, alors ...

Rhinocéros, la pièce de Ionesco, ça vous parle ?

La pièce où les habitants d'un bled se transforment en rhinocéros, les uns après les autres.


Au départ, c'est un phénomène marginal auquel les gens sont plutôt hostiles. Peu à peu, les rhinocéros se font de plus en plus nombreux, et la méfiance fait place à l'indifférence. On assiste bientôt à un véritable engouement pour les rhinocéros, et les humains sont de plus en plus rares, si rares qu'à la fin de la pièce, il ne reste qu'un seul et unique homme.


Moi, c'est ce que m'évoquent mes considérations sur ce blog, souvent ...



C'est vrai que dit comme ça, ça peut paraître un peu pompeux. Si mes souvenirs sont bons, il s'agit d'une métaphore de la montée en puissance des régimes totalitaires, et notament du nazisme. La comparaison avec un ptit blog, écrit à la one again au boulot, est un peu excessive, j'en conviens ...


Soit. En attendant, c'est vraiment ce que ça m'évoque, alors je vais essayer d'assumer mes associations ...


A son commencement, le phénomène blog m'a vraiment laissée perplexe. J'étais même très critique quant au côté "j'étale ma life" en langage sms, mais sans rien raconter d'intéressant ("lachez vos com' !" "trop de la balle ton blog !" "jte kiffe !), en suppliant les gens de me lire et de me commenter. La mode prenant une véritable ampleur, je me suis laissée choquer par autre chose, allant même considérer le concept utile, parfois (bah ouais, quand on part loin, qu'on veut faire partager des infos, etc. ...). Il en reste que quand ma ptite soeur me harcelait pour que j'aille écrire des trucs sur son blog, yavait vraiment quelque chose qui m'échappait.

Bref, me voilà rhinocéros, moi aussi ... enfin, blogueuse, puisque c'est de ça qu'il est question.


Et en plus, j'ai décidé d'écrire sur un blog dont je n'aurai signalé l'existence à personne, et donc d'être lue uniquement par des inconnus.


J'ai commencé par réaliser la quantité de blogs à se disputer leur place sur la toile, à réaliser qu'il suffit pas de publier des trucs pour pour apparaître dans les résultats de recherche de google, ni pour avoir des lecteurs. En fait, il s'agit de se vendre, en quelque sorte, de s'inscrire sur des annuaires, d'aller parler de son blog sur des forums, de rajouter l'adresse du blog à la fin de chaque mail qu'on envoie, d'en parler à ses potes, si on veut être lu.

Sauf que, étant donné le projet initial, la promotion de "Comme une bouteille à la mer" ne peut s'étendre qu'à la seule inscription sur des annuaires. Et ça limite sérieusement le lectorat, mes statistiques me le rappellent régulièrement.

Vous êtes très peu nombreux à atterrir sur ces pages, et encore plus rares à vous y attarder. Je n'ai encore jamais eu le moindre lien avec l'un d'entre vous, puisque personne n'a encore manifesté la moindre réaction.


Alors me voici rhinocéros pour de bon : Toi qui me lit parfois, pourrais tu également me faire part de tes avis et opinions en commentaire ?

lundi 11 février 2008

L'alternative du covoiturage, ou meetic pour les complexées ...

Vous l'avez compris, je suis célibataire !
Le mal du XXI ème siècle diront certains ...
Pour y remédier, de nos jours, plusieurs solutions : le hasard des rencontres, les amis des amis, les plans réchauffés avec les ex, les soirées, les potes et plus si affinités, et ... internet.
En ce qui me concerne, je commence tout juste à assumer mon célibat, de là à m'inscrire sur un site de rencontre, il y a encore un pas. Et pas des moindres.

- Remplir une fiche avec des critères à la mord moi le noeud (j'ai déjà rencontré des gros blaireaux avec qui j'avais plein de gouts en commun, et je suis tombée amoureuse de prince charmants que tout opposait à moi),
- Ne pas m'offenser des messages des pervers lubriques qui vont essayer de me contacter,
- Avoir des conversations virtuelles avec des inconnus,
- Les idéaliser,
- Les rencontrer et réaliser que non seulement photoshop fait vraiment des miracles, mais qu'en plus don juan a un cheveu sur la langue,
- Faire semblant d'être naturelle au(x) premier(s) rendez-vous, alors que personne n'est dupe quant à la finalité de la mise en scène,
- Faire l'impasse sur la magie d'une rencontre impromptue, et les fourmis dans le ventre qui accompagnent la phase de séduction ...

Non décidemment, je dois être coincée et has been, mais c'est pas comme ça que je rêve de rencontrer l'homme de ma vie.
Cependant, c'est un fait, je suis seule, et les bons vieux moyens traditionnels montrent leurs limites ...

C'est là que je passe à la transition !

Un peu coincée et donc pas trop chaude pour meetic certes, mais je suis quand même un nana de ma génération !
En bonne vingtenaire qui se respecte, j'ai deux ou trois boîtes de messagerie électroniques (la sérieuse, la spammée, celle de la fac, celle que j'arrive pas à ouvrir sur les vieux pc, ...), un blog, comptes sur différents sites (bouquins d'occas', points sncf, sites de retouvailles de potes d'école, ...). Ma toute dernière acquisition dans le genre, c'est le profil sur un site de covoiturage. (bah oui, en bonne vingtenaire qui se respecte, j'ai pas de thunes, donc pas de voiture, mais l'obligation d'être mobile, et je suis adepte des co-trucs : colocation, co-vision, ...)

Je me suis donc inscrite sur différents sites il y a déjà pas mal de semaines, en espérant trouver des conducteurs qui me permettraient de réduire mon budget SNCF qui, ces derniers temps avoisine celui de mon loyer. Mais mes horaires variant d'une semaine à l'autre, et puis ptêtre aussi parce que j'avais un peu le trac, je ne suis pas passée à l'étape suivante qui consiste à contacter des conducteurs.

Le projet co-voiturage est donc resté en stand by jusqu'à la semaine dernière.

Il était prévu qu'un pote de mon frère me ramène. Ca tombait bien, je le trouve plutôt physiquement intelligent. Mais monsieur a changé ses plans de week-end au dernier moment, me laissant me débrouiller avec la sncf.

Petit tour sur ma boite mail jeudi soir : "Tiens ! Une proposition de trajet P. - LR ! Tiens ! le conducteur a laissé des liens vers des sites le concernant en fin de message !"

Petit coup d'oeil sur les sites en question.
"Mouais ... C'est un mec qui devait être dans mon lycée, son visage m'est familier. Ca prouve déjà que c'est pas un vieux louche. Mais si je me souviens bien, il trainait avec la bande de C. . C'était tous des gosses de riche là dedans, c'était gerbant, parfois. Au vu des sites en question, ça a l'air d'être un étudiant en sport, et préférentiellement, en sport de fils à papa. Et si je ne m'abuse, je l'avais catalogué dans la catégorie "branleurs" ..."
Exactement le genre de profil que j'aurais squizzé sur meetic, au passage ... Mais bon, là il s'agit de faire 150 bornes à moindre frais, et à des horaires qui m'arrangent, je vais donc pas me formaliser pour si peu !
Echange de mails, et Sylvain me rappelle même le lendemain pour confirmer. Il est hyper ponctuel au lieu de rendez-vous, me demande simplement de payer l'autoroute, et me dépose pile sur mon lieu de stage, avec une demi heure d'avance ! Elle est pas belle la vie ?!

En fait de branleur gosse de riche, j'ai fait la route en compagnie d'un jeune homme plutôt simple et souriant. C'était même très agréable, et j'étais ravie de faire le retour avec lui le surlendemain ! Contre toute attente, on a même des gouts en commun.
Bref ! Je ferai bien plus ample connaissance, mais je ne sais pas si je peux en espérer autant de sa part (foutue phase de séduction !).

Et je me dis que pour les cas désespérés comme le mien, les sites de covoiturage, ça peut être un pur moyen de chercher Jules sur le net sans en avoir l'air, tout en gardant le charme des vraies rencontres.

Si ça ne va pas plus loin avec Sylvain, je pourrais toujours tenter l'expérience avec quelqun d'autre ! Une fois les conductrices et les prénoms trop vieillots écartés, il reste une heure et demie pour faire connaissance, soit 13 fois plus longtemps qu'un speed dating !

lundi 4 février 2008

Je pleure, mais je ne suis pas à plaindre ...


AAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHH !!!

Mon frangin part cette nuit à l'autre bout du monde, et ce pour de longs mois ...

Je me sens anormalement vide et déchirée ...

J'imagine que si j'étais normalement constituée, ce serait beaucoup moins violent, beaucoup moins douloureux ...

Deux jours déjà que je mes larmes coulent sans discontinuer ...

Il est grand temps de grandir, pourtant. Les frères, c'est important quand on est môme, en principe. Avec les années, on s'éloigne, on prend des chemins différents (des fois, c'est même des chemins qui vont vers d'autres continents), on se construit chacun de son côté et on est content de se retrouver pour les repas de famille. En principe.

J'ai la facheuse habitude d'aimer les gens trop fort. Beaucoup trop fort.

Les amis, c'est chouette. Mais ces derniers temps, eux aussi ont pris le pli de partir loin, ou de se ranger dans leur vie affective. Et quand on se range trop dans sa vie affective, on met les potes en arrière plan. Et quand on prend le temps de les voir, c'est fou comme on est moins fun. Fini les grosses beuveries de célibataire. Les soirées nana sont toujours interrompues par de longs coup de fils avec Jules. En général, c'est des coups de fils pendant lesquels on s'engueule avec Jules, d'ailleurs. Quand on se case, on accepte des trucs hallucinants de la part de Jules, mais on ne conçoit pas que les célib' puissent en accepter le dixième de qui que ce soit. On n'est plus que la moitié d'un couple aussi, souvent. Pourtant, moi ça m'emmerde de ne plus voir mes potes qu'avec leur moitié. Parce que forcément, parler de mes dernières déconvenues amoureuses devant Jules, moi, ça me met mal à l'aise. Alors j'en parle pas. Et bizarrement, ces potes avec qui j'ai pu passer des week end entier en pyjama à papoter, je commence à avoir des conversations avec elles qui ressemblent de plus en plus à celles que j'ai avec le premier collègue venu.

Et visiblement, je suis la seule que ça frustre.

Mon frangin, lui, il est un peu plus jeune. Les grosses beuveries où on fait n'importe quoi, pourvu que ce soit naturel, c'est encore d'actualité, avec lui. Mon frangin, ça fait vingt ans que je le connais. En vingt ans, on a accumulé un certain nombre de souvenirs, de vocabulaire, de références. Il suffit donc souvent de quelques phrases pour partir dans de longues tranches de rire. Mon frangin, il est exceptionnel.

Les liens du sang, c'est un truc indestructible. Quoi qu'il arrive, il restera mon frère. Dommage qu'il en soit pas de même pour les potes.

Bref. C'est tout décousu comme message. Je sais.

Tout ça pour dire que je suis hyper triste.

Je suis triste, alors que je ne devrais pas l'être autant.

C'est pas mon chéri qui part. Mon frangin ne vient pas de décéder. Il part dix mois et pas pour la vie. (même si ce n'est qu'un début) C'est vachement bien ce qui lui arrive. Il reviendra.

Voilà le type de réflexion que la raison m'impose. Je trouverai personne pour compatir à ma douleur, puisqu'elle n'est pas raisonnée.

N'empêche que j'ai vachement mal.

Et que je vais pleurer sous ma couette en suçant mon pouce pendant encore un moment.

Et j'emmerde le bon sens et la maturité.