
AAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHH !!!
Mon frangin part cette nuit à l'autre bout du monde, et ce pour de longs mois ...
Je me sens anormalement vide et déchirée ...
J'imagine que si j'étais normalement constituée, ce serait beaucoup moins violent, beaucoup moins douloureux ...
Deux jours déjà que je mes larmes coulent sans discontinuer ...
Il est grand temps de grandir, pourtant. Les frères, c'est important quand on est môme, en principe. Avec les années, on s'éloigne, on prend des chemins différents (des fois, c'est même des chemins qui vont vers d'autres continents), on se construit chacun de son côté et on est content de se retrouver pour les repas de famille. En principe.
J'ai la facheuse habitude d'aimer les gens trop fort. Beaucoup trop fort.
Les amis, c'est chouette. Mais ces derniers temps, eux aussi ont pris le pli de partir loin, ou de se ranger dans leur vie affective. Et quand on se range trop dans sa vie affective, on met les potes en arrière plan. Et quand on prend le temps de les voir, c'est fou comme on est moins fun. Fini les grosses beuveries de célibataire. Les soirées nana sont toujours interrompues par de longs coup de fils avec Jules. En général, c'est des coups de fils pendant lesquels on s'engueule avec Jules, d'ailleurs. Quand on se case, on accepte des trucs hallucinants de la part de Jules, mais on ne conçoit pas que les célib' puissent en accepter le dixième de qui que ce soit. On n'est plus que la moitié d'un couple aussi, souvent. Pourtant, moi ça m'emmerde de ne plus voir mes potes qu'avec leur moitié. Parce que forcément, parler de mes dernières déconvenues amoureuses devant Jules, moi, ça me met mal à l'aise. Alors j'en parle pas. Et bizarrement, ces potes avec qui j'ai pu passer des week end entier en pyjama à papoter, je commence à avoir des conversations avec elles qui ressemblent de plus en plus à celles que j'ai avec le premier collègue venu.
Et visiblement, je suis la seule que ça frustre.
Mon frangin, lui, il est un peu plus jeune. Les grosses beuveries où on fait n'importe quoi, pourvu que ce soit naturel, c'est encore d'actualité, avec lui. Mon frangin, ça fait vingt ans que je le connais. En vingt ans, on a accumulé un certain nombre de souvenirs, de vocabulaire, de références. Il suffit donc souvent de quelques phrases pour partir dans de longues tranches de rire. Mon frangin, il est exceptionnel.
Les liens du sang, c'est un truc indestructible. Quoi qu'il arrive, il restera mon frère. Dommage qu'il en soit pas de même pour les potes.
Bref. C'est tout décousu comme message. Je sais.
Tout ça pour dire que je suis hyper triste.
Je suis triste, alors que je ne devrais pas l'être autant.
C'est pas mon chéri qui part. Mon frangin ne vient pas de décéder. Il part dix mois et pas pour la vie. (même si ce n'est qu'un début) C'est vachement bien ce qui lui arrive. Il reviendra.
Voilà le type de réflexion que la raison m'impose. Je trouverai personne pour compatir à ma douleur, puisqu'elle n'est pas raisonnée.
N'empêche que j'ai vachement mal.
Et que je vais pleurer sous ma couette en suçant mon pouce pendant encore un moment.
Et j'emmerde le bon sens et la maturité.
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