mardi 22 janvier 2008

Et moi dans tout ça ?!!!

Bien, bien, bien !


Je viens de reprendre mon message sur nos amis les hommes et leurs détails qui tuent …
C’est marrant comme j’y ai complètement éludé une partie de la question : Et nous ? Et moi ? Qu’en est-il de nos défauts infimes, mais bien rédhibitoires ?


C’est facile de faire des inventaires de nos mauvaises surprises, et c’est vraiment marrant quand elles sont ridicules. Mais, en ce qui me concerne, est ce qu’on m’aurait déjà quittée pour une si futile et mauvaise raison ? Est-ce que des pans de mon intimité sont ainsi exposés sur la toile, juste pour faire rire ?
C’est vrai que c’est chouette de faire la maline, mais après tout, y’aurai de quoi dire (rire ?) sur ma personne, j’en ai bien peur …






- A propos de l’ordre et de l’hygiène, je suis vraiment plus que limite parfois. (Bordel à escalader pour accéder à mon lit, reniflage pour distinguer le linge sale du propre, queue de cheval bien serrée pour atténuer l’effet cheveux gras, épilation minimale, voire grève de l’épilation, ongles trop longs mais pas limés pour autant, douche et brossage de dents squeezés because trop à la bourre le matin, etc. …)
- Au niveau du look, c’est pas beaucoup plus glorieux. J’adore les fringues, mais j’ai un budget habillement proche de zéro. D’où certains écueils … (bas de jeans en lambeaux (parce qu’en plus, j’ai souvent la flemme de faire les ourlets), fringues pas toujours assorties ou un peu tristouilles (quand j’achète mon pull de l’année, autant le prendre noir pour être sûre de le coordonner avec tout le reste), récup’ pas toujours heureuse (je crois que j’ai traumatisé un mec une fois avec mon bonnet à pompon tricoté il y a vingt ans par ma grand-mère. Sinon j’ai des potes qui me filent systématiquement les fringues dont elles se débarrassent. C’est souvent des trucs sympas, en bien meilleur état que les miennes. Le souci, c’est que les nanas en question font au moins une taille de moins que moi. D’où l’effet hypra moulant/ventre qui dépasse du pull.)
- Culturellement parlant, il m’arrive d’avoir des lacunes vraiment surprenantes (« C’est où Jérusalem déjà ? » « Les Doors ? C’est connu ? »)
- J’ai rarement mieux à proposer qu’un coup dans un bar quand il s’agit de choisir une sortie. (et quand je me retrouve embarquée quelque part où il faut danser, c’est la panique !)
- Je suis vite gênée en société, et quand je suis gênée, je sais pas quoi faire de mon corps. La grâce me fait défaut, la salope ! (gaffes, chutes, trébuchages, …)
- Je m’applique à manger la peau de mes doigts depuis des années. J’ai les premières phalanges en gruyère. Et comme je fume, en plus, elles jaunissent …


Voilou, voilou … Et je pourrais continuer sur plusieurs pages …
Mais bizarrement, plus j’allonge la liste, plus mes espoirs de trouver un mec bien prochainement se réduisent …


Mais le plus curieux, c’est qu’avec les hommes que j’ai aimé, j’y ai bien fait attention à tout ça. Et ça ne les a pas empêchés de me quitter.
Par contre avec ceux qui me laissaient indifférentes, qu’on finisse par se retrouver ensemble ou non, j’ai laissé mon naturel s’exprimer, c’est le moins qu’on puisse dire. J’ai même du aller un peu loin dans le naturel parfois. (« Tu m’excuse, je te parle pas en face, j’ai bu trois cafés, fumé un paquet de clope et fini le saint nectaire avant de partir de chez moi, et j’ai sauté l’étape brosse à dents ! » « Oh la la la ! Si je me rase pas rapidement, on va pouvoir me faire des dread-locks ! ») Et pensez vous que ça les aurait fait fuir ? Point du tout ! Certains sont même tombés amoureux …


Qu’est ce que je peux en tirer ?


- les hommes aiment les femmes naturelles et spontanées (ce que je ne suis pas quand je suis amoureuse)
- les hommes aiment les femmes sales, sans classe et empotées
- j’ai certainement un lot de détails qui tuent dont je ne soupçonne pas même l’existence, mais qui ont pourtant poussé les hommes de ma vie à me quitter (alors je veux la liste noire !)
- c’est pas pour des détails qu’ils sont partis, mais pour des vraies raisons, et des vrais bons gros défauts (mon Ex m’a larguée peu de temps après avoir découvert que je n’envisageais pas de fonder une famille avant dix bonnes années)
- parfois les hommes nous quittent pour des raisons qui leur appartiennent, sur lesquelles on n’a malheureusement aucune prise (Alors des fois, « je suis pas prêt à avoir une relation en ce moment », c’est vraiment vrai ?)
- peut être même qu’il arrive qu’ils partent sans qu’il soit question de défauts. Ils sont pas amoureux, un point c’est tout. (Un de mes derniers chéris avait tout du gendre parfait beau/riche/intelligent/respectueux, cependant j’ai coupé court au bout de quelques mois, parce que je ne ressentais rien de plus que de l’indifférence à son égard.)
- les hommes sont des spécimens de la nature auxquels je ne comprendrais décidément jamais rien. (finalement, si je ne devais retenir qu’une chose, ce serait bien celle là …)

Mais pourquoi ce questionnement ?


Parce que j’ai l’impression qu’un des mecs qui gravite autour de moi en ce moment voudrait bien faire un peu plus que graviter. C’est pas un mec pour lequel mon cœur s’est emballé dès notre première rencontre, et en général, c’est pas très prometteur. Mais en faisant plus ample connaissance, j’en arrive à envisager d’être avec lui. (Envisager, hein ! C’est tout pour l’instant !)
Les deux dernières fois où je me suis lancée dans ce type de relation en me disant qu’après tout, je tomberai ptêtre amoureuse dans la foulée, je me suis trouvée embarquée dans un truc dont je n’arrivais plus à me dépatouiller. J’ai pas spécialement envie de remettre ça une troisième fois, donc j’essaie de me poser les bonnes questions avant. (« Est-ce que c’est vraiment le genre de type avec qui je pourrais vivre un truc chouette ? »)


Me voilà donc en train de peser le pour, le contre … On a déjeuné tous les deux hier midi (c'est-à-dire entre l’écriture et la publication du message sur les détails qui tuent), et j’étais vraiment en très grande forme (vêtements douteux, douche lointaine, et pas très élégante dans ma façon de manger ma salade basquaise rapidement, en parlant). Il m’a invité malgré cela (à condition que je lui paye un verre une prochaine fois), et m’a ramenée du boulot le soir.


Mais bon, c’est bien gentil de faire la fine bouche, de passer au crible ses détails qui tuent à lui. Si ça se trouve, j’ai déjà mis les pieds dans le plat sans même le savoir. Le jour où je vais décider que oui finalement, il ferait bien « homme de ma vie » ce jeune homme, j’aurai tellement mis le paquet sur le naturel qu’il sera déjà loin.

Le célibat a de beaux jours devant lui, c’est moi qui vous le dis.


lundi 21 janvier 2008

Des détails qui tuent ...

La semaine dernière, Cathy, ma coloc, a testé pour la première fois la triade site de rencontres/msn/rencontre en vrai. (Bah oui, on sort juste de l’âge de pierre chez moi !)
Autant vous dire que le passage du virtuel au réel n’a pas été des plus évidents !
Outre le fait que Don Juan passait mieux à la webcam qu’autour d’un café, elle est revenue plutôt choquée par une poignée de détails :
- Chez Don Juan, 30 ans, y’avait une vitrine avec une figurine de titi et une photo de ses parents !
- En sortant, il lui a fait un topo de 10 minutes sur sa super voiture qui déchire tout.
- Son principal sujet de conversation, c’était son père !

Ça peut paraitre curieux de se formaliser pour si peu de choses. Après tout, si on tombe sur quelqu'un de bien, avec qui ya moyen d’échanger sur n autres sujets, quelle importance s’il a des posters de femmes dénudées dans sa piaule ?

Une importance de taille.

Parce que ça a beau être des détails, ce sont des petits riens qui en disent long. C’est parlant tout ça, ça vient signifier autre chose. (Bah oui, avec Cathy, on est dans la psycho toutes les deux … et désespérément célibataires toutes les deux, aussi …)
Plutôt que d’en rire, donc, j’ai bien compris sa méga déception. C’est curieux comme si peu de choses peuvent faire passer du prince charmant au dernier des blaireaux, en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire.


En ce qui me concerne, j’ai aussi eu mon lot de déceptions du genre.

- L’an dernier, ya un mec qui me draguait qui avait mis une photo de son appart (avec son home cinéma et sa grosse TV) en fond d’écran de son portable. Genre « je suis chez moi partout » ou « regarde comme je vis trop dans le luxe » ou « ça te donne pas envie de boire un dernier verre chez moi pour le voir en vrai ? ». Vive la fantaisie, l’exotisme et l’évasion.
- Je suis retombée sur un ex que j’avais trop idéalisé, récemment. Il avait un tee-shirt de la dernière nuit étudiante et projetait d’acheter des places pour le spectacle de Bigard. Il m’avait vraiment fait marrer ce mec, pourtant. Et j’étais sûre qu’on aurait eu des discussions passionnantes, s’il m’avait pas brisé le cœur en me larguant comme une merde après quelques jours de relation. Alors découvrir que non seulement, Bigard, ça le fait marrer, mais qu’en plus, il est près à faire 150 bornes pour le voir en vrai, et que, copain de sarko ou pas, il compte payer pour ça ... tout de suite, ça fait dé-fantasmer. Sans parler de cette grande beauferie qu’est la nuit étudiante …
- Au lycée, un de mes premiers chéris m’a invitée à passer l’après midi chez lui. (Ou la la !) Et je crois que c’est ce jour là que j’ai décidé de le quitter : sur son lit une place, trônait une immonde couverture en fausse peau de bête, dans les tons marronnasse, toute rêche et peine de poussière. Et il en avait même pas honte ! Et sur ses murs, il avait punaisé des affiches de grosses daubes cinématographiques (scary movie, Hannibal, etc. …).
- Mon tout dernier chéri, lui, n’avait qu’une seule photo, dans son salon : une photo de lui … (et en plus il passait plus de temps que moi dans la salle de bain, quitte à ce que je sois à la bourre au rendez vous où il avait promis de m’emmener …)

Dans le même ordre d’idée, il serait, messieurs, absolument rédhibitoire de :

- cultiver une passion pour le tunning,
- voter à droite,
- porter des jeans slims, et vous adonner à la tektonik,
- ne pas trier vos déchets parce que « c’est relou ! »,
- déserter les salles de cinéma, parce que « ça sert à rien, je te télécharge tout ce que tu veux sur e mule »,
- porter des slips, voire même pire, des strings !
- vous penser cultivés, parce que vous lisez les gratuits en allant bosser le matin,
- porter la moustache, et uniquement la moustache,
- idem pour la nuque longue ...
C’est curieux comme je peux tolérer ce type d’erreurs fatales chez mes potes, pourtant.
Ainsi, Agathe a un sac à main avec des dessins de chiens (des york shire, des shitsu, et autres terriers … si si, ça existe !), Marion refuse systématiquement toutes les sorties qu’on lui propose les soirs de star ac’, Fanny est experte en soirées à deux balles (speed dating dans un bar glauque, billard avec sa queue perso, etc. …), Flavien croit que P. Valéry c’est un pote à moi et Clara a adoré le concert de Mika. …
Et malgré cela ce sont mes potes, ils sont dignes de mon intérêt et ne baissent pas dans mon estime pour autant … J’admets simplement de ne pas faire de shopping avec Agathe, de ne pas compter sur Marion pour les soirées beuverie du vendredi soir, de privilégier les cafés l’après midi avec Fanny, de discuter musique plutôt que littérature avec Flavien et de ne pas partager l’enthousiasme de Clara, quitte à polémiquer un peu dessus.
On s’enrichit dans la différence, aussi.

Mais chez mon mec, c’est intolérable. Comme s’il fallait qu’on s’entende à tous les points de vue, et qu’on ait des gouts complètement accordés. Oh bien sûr, je peux accepter des défauts ! mais au-delà de « trop grand » ou « un peu maladroit », ça se complique …

Et je m’étonne de rester célibataire …

mardi 15 janvier 2008

Ya des cons partout, mais quand même ...

7h50 tout à l'heure.

Debout dans la cuisine de ma maison toute endormie, j'essaye d'émerger.
C'est laborieux, comme tous les matins. Quoique je suis pas si à la bourre, aujourd'hui. Vendetta, la chatte de la maison, a passé la nuit sur mon ventre, et s'est appliquée à me réveiller dès que mes réveils ont commencé à sonner. Résultat, j'ai mis moins d'une demi heure à me lever. Un exploit. (Tu devrais dormir plus souvent avec moi vendetta ! )
Pas question de prendre une douche, la chaudière nous a lachée hier (pourquoi est ce que ça n'arrive que l'hiver ce genre de pannes ???!!!), mais j'essaye quand même de me réchauffer en avalant une clémentine à la hâte.

Le décor est planté.

Je suis brusquement interrompue dans mes efforts par le retentissement de la sonnette.
Pas un petit coup de sonnette qui s'excuse de briser le silence matinal. Non, point du tout. Là, c'était plutôt genre "je m'excite dessus, quitte à la casser ! " ou "j'étais en train de sonner délicatement, quand une balle perdue m'a traversé de part et d'autre. Mon cadavre s'est affalé sur le bouton, d'où ce bruit insupportable en discontinu ..." (je suis, je suis ... le livreur de pizza dans le père noël est une ordure, of course !)
Je n'attends personne. Mes collocs dorment profondément. Facteur et témoins de Jéhovah mis à part, rares sont les gens qui daignent sonner et attendre qu'on leur ouvre avant de franchir le seuil de la maison. Et merde, putain ! Il est 7h50 ! On peut considérer ce genre de bordel comme du tapage nocturne pendant encore 10 minutes, non ?! Et quand bien même ce serait grave ou urgent, depuis quand s'acharne-t-on de la sorte sur la sonnette d'une maison endormie ??!!!
C'est donc un peu perplexe, agacée et inquiète que je vais ouvrir cette foutue porte pour tomber nez à nez avec une probable voisine. A peine ai-je le temps de la saluer qu'elle se met à hurler (en même temps, vu la délicatesse avec laquelle elle s'adressait à notre sonnette, il aurait été surprenant qu'elle soit cordiale ...).
Grosso modo, ça donnait ça : "Je doute bien que tout le monde dort chez vous, mais je m'en fiche complètement ! Vos camions dans le chemin ça peut vraiment plus durer ! Ils prennent toute la place ! C'est pas un parking, ici ! Je vais appeler la gendarmerie !"
Naïvement, je pensais qu'elle devait partir bosser, et que l'un de nos véhicules l'empêchait de sortir le sien de chez elle. Je lui demande donc duquel il s'agit pour réveiller le coloc correspondant. J'en profite aussi pour sortir et refermer la porte derrière moi afin que ceux qui n'ont pas été réveillés en sursaut puissent espérer finir leur nuit tranquille. Mais point du tout ! "Mais c'est tous vos camions qui nous gênent ! 1, 2, 3, 4 camions ! C'est pas un parking, ici ! Je vais appeler les gendarmes, les éboueurs peuvent pas avancer jusqu'au bout du chemin, et c'est pas la première fois que ça arrive ! Je me fiche de savoir s'ils vous appartiennent ou non, vous êtes une communauté, alors vous assumez pour les autres ! S'ils ont pas bougé d'ici le passage des éboueurs, j'appelle les gendarmes !" Sur ce, elle s'éloigne dans le chemin. Je m'apprête à lui souhaiter très calmement une "bonne journée madame", en lui décrochant mon plus beau sourire (c'est ma personnalité, d'avoir des difficultés à répondre par l'agressive aux personnes qui m'agressent, c'est mon travail d'avoir affaire à la colère des gens sans en être responsable, c'est mon petit plaisir d'être excessivement obséquieuse avec les cons désagréables), quand une fenêtre du premier s'est ouverte à la volée. J'ai aperçu Julien qui en émergeait, avec sa tête du matin et son T shirt trop court de la nuit. Il s'est mis à hurler, la voisine s'est donc époumonée de plus belle, le ton est monté (si toutefois c'était encore possible), et il a fini par descendre dans le chemin pour terminer la discussion.
Bon, c'est vrai que, à la base, on n’a pas assez de place dans notre allée pour que toute la maisonnée puisse s'y garer, sans compter les visiteurs. Il y a donc régulièrement des voitures qui se garent sur les côtés du chemin. Mais j'ai bien dit sur les côtés, hein ! Pas sur les trottoirs (il n'y en a pas) ! Tous ces véhicules sont déplacés régulièrement. Je ne vois pas trop ce que la gendarmerie vient faire la dedans, vu qu'on habite en ville, ni ce que la police pourrait verbaliser.
Bon, en ce moment, Fab est de passage à P. . Et comme c'est le cas à chaque fois, il gare son semi remorque aménagé dans notre allée, ce qui fait qu'on a encore moins de place pour se garer, et donc davantage de voitures dans le chemin. Bon, il a troqué depuis peu sa petite 205 qui lui sert aux petits déplacements pour une camionnette. C'est plus encombrant, certes.
Bon, Marge s'étant séparée de son homme, elle a quitté leur maison, pour squatter provisoirement la notre. Bon, c'est vrai, son seul véhicule est ... une camionnette. Plus le trafic de Florian (qui habite là pour de vrai, par contre), ça fait quatre, la voisine avait bien compté.
Allez ! Je veux bien entendre que ça puisse la gêner que les éboueurs ne puissent s’avancer jusqu’à chez elle. Il ne me semble pas que les véhicules prennent tant de place, mais après tout, on surveille jamais vraiment l’itinéraire du camion poubelle … Mais depuis que la coloc est installée dans le chemin, c’est la première fois que cette voisine se déplace pour se plaindre de quoi que ce soit. Visiblement, elle savait pourtant très bien à quels voisins appartenaient les véhicules qui la dérangent tant. S’il avait été question du joli camping-car d’un couple de retraités, je pense que la question aurait été réglée un peu différemment ...
Non mais sans déconner ! C’est pas une règle élémentaire de bon sens et de savoir vivre, que de, dans ce genre de situation, commencer par aller se présenter poliment, exposer les faits qui nous tracassent, pour ensuite envisager une solution adaptée (et le tout à une heure décente de la journée, bien évidemment !) ? Et si (et seulement si !), vos voisins vous reçoivent mal ou ne font strictement rien pour arranger les choses, il peut alors être envisagé de revêtir sa peau de con !
La fin de l’altercation matinale entre Julien et la voisine s’est terminé à peu près comme ça : « Y’en a marre de vos camions ! Ca fait des années que ça dure ! » « Mais madame ! Un peu de tolérance dans ce monde de droite, enfin ! »
Autant dire que le problème se situait, je pense, bien au-delà d’une simple histoire de ramassage des ordures. Et c’est bien ce qui me chagrine.

Dans le fond, ce qui l’emmerde la voisine, c’est d’avoir des camions dans le paysage. Voire même d’avoir les propriétaires des camions dans le voisinage. Et qui plus est, quand leur mode de vie est un tant soit peu différent de ce qu’elle considère comme conventionnel.

On n’est pourtant pas ce qu’on pourrait appeler des marginaux. On a tous un contrat de travail ou une carte étudiant quelque part. On paye notre taxe d’habitation. Personne ne prend de drogues dures. On est intégrés dans le système, quoi !
Alors, c’est vrai. On a fait un certain nombre de fêtes beaucoup trop bruyantes qui nous ont valu la visite de la police. On a eu un coq pendant quelques mois qui chantait avant même le lever du soleil.

Cependant, quand pendant les fêtes de fin d'année, la voisine d’en face a eu une bagnole devant chez elle qui l’empêchaient de sortir, tous les gros bras de la maison se sont mobilisés pour soulever la bagnole en question, la déplacer et libérer sa sortie de garage. C’était pourtant pas notre voiture.
Quand on ramasse les coings qui pourrissent dans le jardin du voisin, avec sa permission, on lui refile systématiquement quelques pots de gelée maison.
On n’est pas des sauvages. Et les voisins qui ont pris la peine d’échanger un peu avec nous sans hurler en ont plein la bouche des jeunes du n°21 qui sont si sympas.
Mais quand on est définitivement intolérant, con et aigri, ça doit soulager de taper sur la différence. Heureusement qu’on n’est pas noirs, ni homosexuels. Elle se serait déplacée avec son mari et la carabine à plomb, pour sûr.







mardi 8 janvier 2008

Copier/coller ou banalité ?

Est il question ici de plagiat - involontaire, certes - ou d'un simple et navrant manque d'originalité ?
Je viens de taper le titre de mon tout jeune blog sur google. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant la page de résultats ! Je vous fait un p'tit résumé pour que vous saisissiez l'ampleur du désastre ... (ce qui me permettra également de m'exercer à l'utilisation de la fonction "associer")

Donc, si on entre "comme une bouteille à la mer", parmi les 422 000 résultats (environ), on trouve notamment :


- des paroles de chanson (psy4 de la rime, soprano et Richard Clayderman)
- un site de création de forums
- un article publié dans madame figaro sur le site dilelui
- des discussions "couple", "psycho" ou "sexo" sur le forum du site doctissimo
- l'autobiographie d'une personne handicapée
- et comble du comble : au moins trois blogs !!!


Autant vous dire que quand je suis tombée sur ce strip de Dobritz, ça m'a parlé :




Honnêtement, quand il a fallu lui trouver un nom à ce blog, je pensais que le concept de bouteille à la mer sortirait un peu de l'ordinaire, et j'était plutôt contente d'avoir eu cette idée lumineuse. C'est pas du tout que je suis allée me balader sur la toile, en manque d'inspiration, pour lire les titres des autres blogueurs, je le jure !
Mais serait il possible que je sois tombée, par hasard, sur cette expression dans l'une des pages citées précédemment (un jour où je zonais sur le net entre deux appels, dans mon contrat glande n°1, par exemple ...), que je n'y aie pas prêté attention (parce que ça bippait dans mon casque, par exemple), que je l'aie reléguée dans l'un des tiroirs de mon inconscient, et qu'elle se soit remanifestée sous forme d'idée soit disant de mon cru en tant voulu ? Plagiat involontaire, inconscient collectif, banalité ... la question reste en suspens.

"Camomille : C'est de toi ?
Antoine : Quoi ?
Camomille : Ce que tu viens de dire.
Antoine : Je l'espère. On ne sait jamais. J'ai le plagiat inconscient."


Jean Anouilh, Les poissons rouges.

Eh bien ! Publiez maintenant !

J’ai un blog, c’est un fait.
Il n’a pas 24h, un seul article et zéro commentaire, mais j’ai un blog.
Je l’ai nommé, je m’y suis présentée, je l’ai inauguré. J’ai un blog, quoi !
Et là, en principe, c’est le moment où je mets en forme les milliers de réflexions lumineuses qui fourmillent dans mon esprit, pour pondre des articles à la fois drôles, intelligents, originaux et touchants. Et comme je cumule deux contrats « glande derrière un PC connecté à internet », j’en ponds même un certain nombre par semaine.
En principe.

Ca m’évoque un peu les séances chez ma psy tout ça. Avant le premier rendez vous, je me dis que, vraiment l’entretien va me sembler court, vu tout ce que j’ai à lui raconter, limite elle va avoir du mal à m’arrêter. Et une fois dans son bureau, les fesses dans le fauteuil, je trouve les motifs de son tapis très intéressants, mais c’est à peu près tout. Impossible d’associer ou presque, alors qu’avec mes potes et un café, qu’est ce que je peux élaborer, putain !
Idem pour mon stage. A peine sortie, et je baratine les premières personnes que je trouve sur ma route - potes, coloques ou mère – avec le compte rendu de mes séances de la journée, et mes observations de patients. Et vas y que je te questionne sur le transfert, sur les modes d’intervention du psy et autres problématiques institutionnelles. Et si c’est un autre stagiaire qui me parle de son expérience, comment j’ai trop une analyse pertinente ! Bon par contre, quand mon maître de stage me demande comment ça se passe pour moi, ou ce que je peux tirer de tel ou tel entretien, euh … disons que … euh … c’est très intéressant … euh … je dirai même riche de sens … euh … situation très particulière quand même … euh … .
Quant aux TD de reprise de stage … Une prof extra, psychanalyste très très très calée, très fine, vraiment humaine. Un groupe d’une poignée d’étudiants, qui sont vraiment chouettes aussi. Bref, des conditions idéales pour penser mon stage, qui me seront inaccessibles quand je serai professionnelle. Eh bien en reprise de stage, je suis bien évidemment … muette ! Pensée complètement anesthésiée. J’ai éventuellement des petits moments de lucidité quand il s’agit de réagir aux interventions des autres. Mais en ce qui concerne le partage de ma propre expérience, j’ai la tête désespérément vide …

Bref ! Tout ça pour dire que quand je me contentais de lire les articles d’autres blogueurs chevronnés, j’avais tout plein d’idées pour « si j’avais un blog », vraiment je vous assure, ça promettait d’être passionnant ! Si, si ! Et si vous avez suivi la logique de la démonstration précédente, vous avez compris que je suis bien emmerdée, maintenant que je l’ai, mon blog.

En attendant, j’ai quand même réussi à le pondre, ce deuxième article !

lundi 7 janvier 2008

Ca y est ! Je suis blogueuse ...

Un blog ... Qui l'eu cru ?

Il y a encore quelques mois, ces quatre lettres apartenaient à un lexique un peu mysterieux (tout comme "msn" ou "webcam"), dont la seule évocation me laissait perplexe. Deux CDD "glandouillage derrière un PC connecté à internet" plus tard et ... j'en suis !

A force de visiter les pages des autres, ça m'a donné envie de créer les miennes. J'aime bien l'idée de balancer mes humeurs et mes états d'âme sans adresse, sans savoir s'ils seront lus, ni par qui. Le fait de modifier le cour normal des évènements aussi : ceux qui me liront ne m'auront jamais rencontrée, ceux qui me connaissent ne me liront jamais. Avoir idée de ce qui m'anime et peut être envisager de me rencontrer, et non plus l'inverse.Le concept de la bouteille à la mer un peu revisité, finalement. D'où le titre.

Reste à voir s'il survivra, ce blog. Presque introuvable sur la toile, il est probable qu'il disparaisse avant même d'avoir été lu. Comme une bouteille à la mer.